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Naissance d’un projet 
au travers du temps 
et des générations

Après avoir interprété des musiques et des textes en peinture pendant 20 ans, en lisant les Téhilim sur la tombe de Rabbi Itshak Abehsera* dans la région du Tafilalet au Maroc, l’idée émana.

Comme une évidence Sarah Benhaim réalise que désormais le livre des psaumes devient la seule composition appropriée à l’interprétation en peinture dans le cadre de sa démarche artistique. Le vœu de l’illustrer dans sa totalité est prononcé du plus profond de l’âme.

La puissance et la lumière de PERLA.

« Lorsque ma grand-mère centenaire m’écoute et m’exhorte à calligraphier le livre des psaumes. Lorsque cette Femme, en 2020, m’amène une plume de son enfance marocaine au début du siècle dernier et me montre, alors qu’elle est presque aveugle, comment calligraphier les pleins et les déliés… elle me propulse.

La transmission se produit, bien au-delà de l’enseignement. Elle devient cet ange qui vous prend par la main…»

De là, naît le projet de calligraphie et d’enluminure** des Tehilim. Il s’agit de mettre en lumière le texte dans un ensemble graphique cohérent, où chaque psaume déploie une identité forte imbriquée dans un ensemble fluide.

* Rabbi Isthak Abehsera né à la fin du 19ème siècle est un kabbaliste à qui onattribue la composition de plusieurs chants dont Aoufa Echkona à l’âge de huit ans et aussi Yom ha sheviyi le jour de sa mort. Par ailleurs il est l’oncle et Maître de Baba Salé.
** Art de l’illustration de manuscrits

PROJET Sarah Tehilim

Porté par Sarah Benhaïm
Année de création : 2020-25
Type de projet : Œuvre plastique – Calligraphie contemporaine / Livre d’artiste monumental / Installation 

Projet de transcription calligraphique et d’enluminure contemporaine des 150 Psaumes de David sur parchemin (vélin), tendu sur plexiglass. L’ensemble compose un tableau-livre monumental, croisant tradition hébraïque et langage visuel contemporain. L’œuvre originale manuscrite donne lieu à une série limité à 22 exemplaires sérigraphiés sur parchemin également tendu sur plexiglass.

Chaque psaume est mis en page et illustré sur une tablette qui mesure 18 x 26 cm et l’ensemble du projet mesurera de 2,7 x 2,6 m.

• Dimensions de chaque tablette : 
18 x 26 x 1 cm
• Un psaume par tablette : chaque tablette constitue une œuvre autonome, fragment d’un tout.
• Le psaume le plus long, ci-contre : le 119, 
le premier réalisé se compose de 176 versets répartis en 22 paragraphes de chacun 
8 versets.
• Le plus court : le 117 se compose de 2 versets.
• Matériaux : Vélin (parchemin traditionnel), plexiglass, encres, pigments naturels, feuille d’or, techniques d’enluminure manuelle

Concept
Fondements théoriques

Cet ouvrage repose sur les fondements théoriques et pratiques de la démarche artistique de Sarah Benhaïm. Elle les a abordés et structurés dans son mémoire de maîtrise soutenu en 2005.

Le Divin s’adresse à Moïse en lui disant qu’il peut, quand il le désire, concentrer son essence dans l’ombre du sanctuaire construit par Betsalel (dont le nom signifie « à l’ombre du divin »*). Serait-ce à dire que le Divin réside selon son désir dans l’ombre de l’œuvre d’art ? 
Qu’est-ce que l’ombre de l’œuvre d’art ? Un territoire précaire peut-être ? Comment peut-on comprendre le principe de l’ombre du divin constructeur du temple ?

——
* Midrash Tehilim du psaume 91, cite Rabbi Yéhuda fils 
de Rabbi Simon

Édition limitée

• Nombre d’estampes : 22 sérigraphies, numérotées de 1-א à 22-ת
• Technique : Sérigraphie sur parchemin
• Finitions : Dorure à la feuille d’or 22 carats, numérotation, signature, sceau

Particularité :
Chaque tirage est retravaillé individuellement à la main – variation dans la répétition, à la manière d’un chant psalmodié 

Tableau-livre

Assemblage des tablettes 
en un tableau-livre de 150 pièces : 
• Format global : 270 x 260 cm
• Nombre d’éléments : 150 tablettes
• Organisation en mosaïque murale :
10 lignes, 15 tablettes par ligne numérotées de 1 à 150

• Chacun des 150 psaumes est identifié par le numéro correspondant à sa place dans le recueil.
• Un Aleph א, dessine la lettre hébraïque monumentale, trace une figure unificatrice dans une matière réfléchissante.
• En fond, de très fines lignes blanches parallèles propagent une onde en correspondance avec le dessin de la lettre aleph, à la manière des empreintes digitales. 

Intentions artistiques

• Offrir une lecture plastique et contemporaine des Psaumes de David dans le respect de leur sacralité

• Inscrire la tradition du manuscrit sacré dans un langage visuel actuel

• Croiser calligraphie, enluminure, art contemporain ancré dans le texte et le geste

• Créer un objet de contemplation, de prière et de transmission

Tehilim
Psaumes de David

Tehilim est le titre original du texte souvent connu sous le nom de Psaumes de David.  Ce mot hébreu trouve son origine dans l’expression universelle Halleluyah qui signifie, louer le divin.* 
D’ailleurs le recueil déploie le spectre des émotions en utilisant 10 termes différents pour exprimer la louange**. 

«Les chants, mélodies et louanges étaient chantés avec un accompagnement instrumental, chacun selon son mode musical, son air, qui était connu. Il y avait là une grande Sagesse et cela inspirait l’âme». ***

Le livre des Téhilim est attribué à 10 auteurs dont le Roi David en tant que rédacteur, parfois inspiré par les prophètes, parfois compilateur de textes en sa possession.****

Ce recueil assemble 150 chapitres***** répartis sur 5 livres qui « constituent le commentaire symphonique des cinq livres de la Thora » selon André Chouraqui dans l’introduction de sa traduction. Par ailleurs, peut-on souligner que le livre des psaumes commence par un Aleph là où le livre de la Thora commence par un Beit ? 

De l’an -970 à -587, les Lévites psalmodient les Téhilim en accompagnement des rituels au sein du temple (Beit HaMikdash) construit sur le mont Moriah par le Roi Salomon, fils du Roi David.
 
A sa destruction les Téhilim deviennent la structure de la liturgie juive en lieu et place des rituels du temple, par l’assemblage de citations, parfois de chapitres entiers que ce soit dans les prières quotidiennes, celles des fêtes ou de tous les temps forts de la vie d’un homme.

Issu de tradition cabalistique, un autre usage des psaumes perdure de nos jours dans certaines pratiques. On en trouve la trace dans de nombreux livres de Tehilim sous la forme d’une liste d’intentions (Segoulot en hébreu) attribuées à chaque psaume. 
Le christianisme, intègre les psaumes de David dans leur intégralité dans l’Ancien Testament et leur accorde également une place importante dans sa liturgie.

Par ailleurs, les Psaumes de David sont traduits en arabe classique sous le nom de Kitab al mazamir et quelques uns sont cités dans le Coran sous le nom de Zabour.

——
* Tamar Schwartz développe de façon concise et sourcée les significations et origines du mot Tehilim sur le portail numérique Akadem
 
** הלל (Hallel) – Louer /  שבח (Shevach) – Exalter, glorifier /  ברך (Barach) – Bénir /  זמר (Zamar) – Chanter, jouer de la musique /  הודה (Hodah) – Rendre grâce /  נגן (Nagan) – Jouer d’un 
instrument /  רנן (Ranan) – Acclamer, crier de joie /  גיל (Gil) – 
Se réjouir, exulter /  עלז (Alaz) – Tressaillir de joie /  תודה (Todah) – 
Remerciement, offrande de reconnaissance
 
*** Rabbi David Kimhi, dit Radak, commentateur né à Narbonne (~1160 -1235) : Téhilim 4,1
 
**** Selon la Guemara (B.B.14b et B.B.15.a), les 9 autres auteurs seraient Adam, Malki-Tsedeq (roi de Shalem), Avraham, Moise, Héman, Yedoutoun, Assaf, Les trois fils de Qorah (ensemble comptés comme un auteur) et le roi Salomon (selon certains avis, mais parfois exclu car il n’aurait écrit que deux psaumes)
 
***** Le psaume le plus long (ps.119) compte 176 vers. et le plus court en compte 2 (ps.117)
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